Mieux accueillir les visiteurs en respectant le quotidien des Parisiens

Nous interdirons la construction de nouveaux hôtels

Le prochain Maire de Paris aura un défi à relever qui supplantera tous les autres, celui de la lutte contre les dérèglements climatiques. Prendre au sérieux le réchauffement de la planète et l’effondrement de la biodiversité nous oblige à encadrer le nombre d’hébergements proposé aux touristes, et par conséquent le nombre de touristes accueillis à Paris. Si nous voulons être à la hauteur des enjeux climatiques, nous devrons préserver chaque parcelle encore disponible aujourd’hui à Paris pour y accueillir de la nature: il nous faudra des arbres, de la végétalisation et de la “pleine terre”, qui constituent des climatiseurs naturels essentiels en période de canicule, qui absorbent l’eau des fortes pluie et des crues à venir, qui participent à rendre notre air respirable.

De la même manière, nous devrons orienter l’usage des bâtiments et des surfaces construites inutilisées d’abord vers du logement, dans un contexte où les prix sont devenus intenables. La création de logements permanents et le maintien des espaces verts constituent nos deux priorités.

A l’aune de ces enjeux, dans Paris intra-muros, aucune nouvelle construction d’hôtel n’est envisageable, aucune transformation de bâtiments en hôtel non plus. D’autant plus que les hôtels parisiens sont aujourd’hui bien loin de faire le plein ! En 2019, le taux de remplissage moyen est de 77,9%, derrière d’autres capitales européennes : Prague 82,3%, Londres 82,3%, Amsterdam 81,6%.

À Paris, 17 233 chambres d’hôtel sont vides chaque soir.

Notre objectif est d’abord de rentabiliser l’offre hôtelière existante. Sans nouvelle concurrence ni augmentation inconsidérée de l’offre, travaillons avec les hôteliers parisiens à un meilleur remplissage de leurs établissements, notamment à rendre leurs prix plus accessibles. Le prix moyen d’une chambre à Paris est de 241€ (195,6€ à Zurich, 163€ à Londres, 157,8€ à Amsterdam), inaccessible pour la plupart. Moins de chambres vides, c’est aussi plus de chiffre d’affaires pour les hôteliers parisiens ; une belle promesse pour ouvrir des discussions autour d’une charte sur les conditions de travail des personnels – et notamment des personnels de ménage – pour éviter des situations dramatiques comme celle que nous connaissons aujourd’hui à l’IBIS Hôtel des Batignolles ou comme encore récemment au Park Hyatt Vendôme.

Nous créerons également un fonds “rénovation énergétique des bâtiments pour les hôtels” afin de soutenir les établissements, en particulier les hôteliers indépendants, dans leurs efforts de rénovation énergétique du bâti.

Nous lutterons contre AirBnB et la mono-activité qui tue nos quartiers

En quelques années, des quartiers entiers de Paris se sont transformés avec l’arrivée des plateformes de locations de meublés touristiques et notamment AirBnB. C’est particulièrement le cas du Marais (25% des logements en résidence secondaire ou en location de courte durée dans Paris Centre) et de la butte Montmartre.

Résultat : une baisse flagrante de l’habitat permanent, disparition des commerces de proximité mais des AirBnB partout qui alimentent la spéculation immobilière, des commerces de luxe et de la monoactivité dont la cible unique est le touriste fortuné. Des quartiers entiers meurent car les parisien.ne.s sont obligés de les quitter, fauted’avoir les moyens de s’y loger ou d’y faire leurs courses.

Si Paris doit accueillir les touristes, la ville doit avant tout trouver le moyen de les faire cohabiter avec les habitants et les travailleurs. Il est impensable de chasser les premiers pour faire plus de place aux seconds.

Notre objectif est clair : faire revenir sur le marché locatif de longue durée 15 000 appartements sur les 65 000 aujourd’hui en AirBnB. Pour cela, l’Etat doit prendre ses responsabilités : nous demandons l’interdiction de la location de meublés touristiques professionnels.

Ce sont 55% des AirBnB parisiens (il s’agit là d’une estimation car ils sont pour l’immense majorité dans l’illégalité, seules 600 autorisations ont été délivrées par la mairie de Paris entre 2018 et 2019) et ce sont eux qui participent à la spéculation immobilière, ce sont eux qui privent le marché de logements pour celles et ceux qui souhaitent vivre à Paris en privilégiant les visiteurs car ils seraient plus rentables.

Nous demandons également la réduction du nombre de jours de location autorisés pour les résidences principales. Aujourd’hui 120 jours sont autorisés à la location mais qui s’absente 120 jours ? Pour éviter les dérives, nous proposons de ramener le nombre de jours autorisés à 45 par an, ce qui correspond aux 5 semaines de congés payés ainsi qu’à 10 jours de RTT.

Enfin, pour s’assurer que les règles sont bien respectées et pour en finir avec toutes les dérives que nous connaissons aujourd’hui, nous constituerons une cellule de 100 agents destinés uniquement aux contrôles d’Airbnb, contre 29 actuellement affectés au bureau de la protection des locaux d’habitation qui ont pour mission très large de protéger l’habitat, en soumettant à une procédure d’autorisation tout changement d’usage, provisoire ou définitif, d’un logement existant.

Nous doublerons l’hébergement abordable en auberge de jeunesse

Aujourd’hui, sur le territoire parisien, on ne compte que 54 auberges de jeunesse, soit 8 877 lits. C’est beaucoup moins que chez nos voisins européens et cela incite les plus jeunes ou les moins fortunés à faire le choix d’une visite parisienne en réservant un AirBnB.

Les hôtels parisiens sont chers, AirBnB fait du tort à nos quartiers, Paris doit donc développer une offre d’hébergement touristique abordable pour ne pas s’enfermer dans un tourisme pour ultra-riches.

Nous allons doubler le nombre d’hébergements à tarif abordable, sur le modèle d’auberges municipales, associatives, de jeunesse, … afin que chaque visiteur, quelque soit son âge ou son portefeuille, trouve sa place à Paris.

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