Visiter la ville, oui. La polluer, non !

À Paris de nous faire préférer le train

Aéroports de Paris (Paris Orly & Roissy-Charles de Gaulle) comptabilise 105 millions passagers en 2018, un chiffre en constante augmentation depuis trente ans et qui ne faiblit pas ces dernières années malgré la prise de conscience climatique : +4% de trafic annuel ces trois dernières années pour les aéroports franciliens. Pour chaque passager, c’est autant de pollution supplémentaire dans notre environnement.

Il est urgent de penser le tourisme autrement qu’en avion !

Pour chaque déplacement aérien qui sera encore fait, le principe du pollueur-payeur doit s’appliquer. Comment expliquer que le trafic aérien, 1500 fois plus polluant que le train, ne soit toujours pas soumis à une fiscalité adapté ? L’impératif écologique nous oblige à être plus rationnel dans le choix de nos modes de transport qui restent une des principales causes du dérèglement climatique. Les pouvoirs publics, le gouvernement mais également la Commission européenne, doivent urgemment mettre en place une taxe kérosène et réduire drastiquement les vols intérieurs nationaux.

Seule une politique ambitieuse de développement du train est une politique d’avenir.

Malheureusement la France prend un tout autre chemin, les trains de nuit ont quasiment tous disparu, les TER sont inégalement soutenus, leur prix sont tout sauf attractifs ! Pendant ce temps, en Allemagne, le train de nuit compte 1,4 million de passagers pour dix lignes en service en 2019, avec une augmentation des réservations jusqu’à 10 % sur certaines lignes par rapport à 2018. Réhabilitons les trains de nuit, et permettons à des visiteurs de toute l’Europe de se rendre dans notre capitale, sans polluer.

Autre exemple des choix antinomiques en Île de France : le Charles de Gaulle Express. Coûte que coûte, les gouvernements successifs soutiennent ce projet qui permettra à quelques touristes fortunés (le prix du billet est déjà affiché à 24€) de relier l’aéroport de Roissy à Paris. Ce projet est estimé à 1,8 milliard d’euros alors qu’on ne trouve pas les financements nécessaires pour rénover et moderniser le RER B, qui en aurait pourtant bien besoin et dont le tracé n’est pour partie pas si éloigné de celui du CDG Express. Ce grand projet inutile résume parfaitement le choix fait par les pouvoirs publics : favoriser le tourisme en avion, financer des projets pour le confort des visiteurs occasionnels au détriment des habitant.e.s de Paris, de sa métropole et de sa région.

Visiter la ville sans polluer

Notre priorité est de limiter toutes les pollutions dues au tourisme. Le “touriste Zéro Carbone” vient en train et visite Paris à vélo. C’est pourquoi, pour favoriser ce comportement vertueux et la continuité zéro carbone:

nous offrirons à chaque visiteur venu en train un Pass Vélib’ Découverte.

Mais pour faire du tourisme parisien un tourisme éco-responsable c’est vers les cars de tourisme qu’il faut se tourner. Les bus touristiques à Paris sont la cause de nombre de pollutions et de gênes pour les parisiennes et les parisiens. Nous interdirons les cars de tourisme des tours opérateurs dans la capitale. Nous limiterons les déposes et déplacements aux zones périphériques de Paris ou de sa métropole en reprenant l’arrêté municipal du 5 janvier 2017 qui réglemente la circulation, l’arrêt et le stationnement dans les zones touristiques. Ainsi, nous renforcerons le niveau Crit’Air pour la Zone à faibles émissions (ZFE) de Paris.

Toutefois, 11% des touristes utilisent le car pour se déplacer à Paris, et notamment les cars panoramiques qui sont actuellement opérés par 4 compagnies. Sur ce marché très lucratif, représentant plusieurs millions d’euros par an, IDF Mobilités a décidé en juillet 2019 de lancer une procédure de délivrance d’agrément aux compagnies souhaitant exercer une activité d’exploitation de lignes de tourisme. Si IDF Mobilités a fixé l’obligation aux compagnies de s’équiper d’une flotte de véhicules propres à 50% en 2022 et 100% en 2024, ils n’ont pas prévu de limiter la taille de ces énormes bus qui roulent le plus souvent à moitié vides. De plus, ce marché ne bénéficie pas à la ville car elle n’en tire aucune ressource tout en subissant par contre les conséquences des pollutions de ces engins : pollution de l’air tant que les bus ne sont pas électriques, pollution sonore avec les bruits de moteur et klaxon, pollution visuelle car les bus sont immenses et recouverts de publicité.

Afin de répondre à ces problèmes, nous mettrons en place dès 2020 une redevance sur les différents points d’arrêts des bus panoramiques. Mais surtout, d’ici à la fin du mandat, nous créerons un service municipal (via une SEM) de transports et de mobilité touristique à moindre émission. En travaillant sur un cahier des charges privilégiant uniquement les cars à moindre émission et un zonage précis, nous pourrons proposer une offre accessible à tarif abordable et qui aura l’avantage d’être aussi à disposition de tou·te·s les parisien·ne·s.

Concernant la pollution, la Seine est aussi victime des choix que nous avons privilégiés dans le passé. Notre fleuve est un espace de vie qui traverse la ville, pour la conserver nous devons la protéger. Mais l’offre de bateaux touristiques sur la Seine n’a fait que croître ces dernières années, faisant passer des millions de touristes sur son cours pour observer le patrimoine parisien de ses berges.

Or ces bateaux diesel polluent le fleuve. Qui n’a jamais remarqué des bateaux restant allumés le long des quais en attendant leurs prochains départs. Sans compter que certains navires font fonctionner de gros projecteurs de nuit pour illuminer les façades des immeubles afin que leurs clientèles puissent prendre en photo ces lieux d’habitation. Avec à la clé des désagréments importants pour les riverains. Nous demanderons à la Préfecture que soit appliqué rigoureusement la loi (code de l’environnement) en matière de prévention des pollutions sonores et lumineuses en ce qui concerne les promenades nocturnes des péniches de touristes.

La Seine est un espace de biodiversité à protéger, d’autant plus si l’on souhaite réellement pouvoir imaginer qu’un jour les parisiens puissent en profiter pour s’y baigner, pour s’y rafraîchir l’été. La Seine doit donc être préservée des grands projets d’aménagements inutiles comme celui conduit par HAROPA (ports autonomes de Paris, Rouen et Le Havre) visant à accueillir des paquebots de croisière fluviale de 135 mètres. Cela ne correspond ni à notre volonté de préserver la Seine des pollutions (liées aux hydrocarbures mais aussi aux particules fines, dont ces paquebots sont fortement émetteurs) ni de prévenir les nuisances associées au tourisme de masse (mono-activité commerciale aux points d’escales, déchets…).

Pour la Seine notre projet est tout autre. Dans la mandature, nous développerons un service de transport fluvial collectif, au travers des bateaux-bus zéro émission, en lien avec IDF Mobilités. Ce service comprendra une offre de transport fluvial pour rejoindre les points clés de la capitale. De Bercy à la Tour Eiffel, des lignes courantes permettront aux parisien.ne.s comme aux touristes de se déplacer sur la Seine au prix des transports publics, cette offre sera incluse dans le pass Navigo.

Si les bateaux-bus zéro émission n’avaient pas d’histoire en France, ce n’est plus le cas depuis 2018 et la mise en place du Jules-Verne 2, bateau à propulsion hydrogène qui fait la navette sur l’Erdre à Nantes. Enfin, nous demanderons aux opérateurs de bateaux mouche de changer leur flotte pour des bateaux propres.

Notre objectif : d’ici 2025, 100 % de bateaux propres sur la Seine.

ut Nullam consectetur suscipit Donec Aliquam vulputate, ante. quis, sed